En France, près de 3,5 millions de personnes travaillent la nuit. Infirmières, agents de sécurité, chauffeurs de bus, boulagers : ils font tourner la société pendant que les autres dorment. Mais leur sommeil, lui, reste invisible.
Dormir à contretemps : un défi biologique
Le corps humain est programmé pour dormir la nuit. La mélatonine, l'hormone du sommeil, se sécrète naturellement dans l'obscurité. Travailler de nuit, c'est lutter contre sa propre biologie.
Les conséquences sont réelles : troubles du sommeil, fatigue chronique, risques cardiovasculaires accrus, isolement social.
L'invisibilité sociale
"Tu dors la journée, tu as de la chance !" Cette phrase, beaucoup de travailleurs de nuit l'entendent. Comme si dormir de 8h à 16h était un privilège. Comme si le bruit des travaux, la lumière du jour, les appels téléphoniques n'existaient pas.
Le sommeil des travailleurs de nuit est dévalué, voire moqué. "Tu es fatigué ? Mais tu ne fais rien de ta journée !"
Repenser l'organisation du travail
Le travail de nuit est nécessaire. Mais il doit être reconnu, valorisé, protégé. Cela passe par :
- Des horaires fixes (éviter les rotations)
- Des temps de récupération suffisants
- Une reconnaissance sociale et salariale
- Un accompagnement médical adapté
Le sommeil décalé n'est pas un choix. C'est une réalité subie par des millions de personnes. Il est temps de la rendre visible.